reconnaissance identitaire
c’est moi 
toi
l’être androgyne 
le rêve  de deux jumeaux
siamois dont un fumait trop
problème d’attachement
problème d’identité
et de vide 
autour
remplir le vide par la fumée
inspirer l’odeur  
qui crie de nos poumons la vérité
pardonne-moi l’embryon
c’est toujours le déterminisme 
qui décide pour nous
pardonne-moi mon amour
pour les sourds c’est facile
de s’étouffer
eux ils baissent les yeux
et commencent à chanter 
comme des fous
c’est moi toi
il n’y a rien autour
sauf nos deux silences
dans un seul écho. 
  
passe-temps

tu arrives.

mon espace mental est occupé

par quelqu’un d’autre.

tant pis.

l’influence du rythme biologique

suffit à nous donner faim.

restons manger un petit morceau de vie ensemble.

toi, tu arrives et tu t’en fous

de cet écart créé par la démangeaison de nouveau-né.

tu arrives et avec toi

la saine émulation du chaîne biologique continue sans ambiguïté.

tu arrives. 

tu arrives, on mange réciproquement nos fluides.

l’un après l’autre,

parce que c’est surtout une question d’empathie.

tu arrives, on serre nos mâchoires et

quand il reste de toi juste les boutons de ta chemise

tu t’en vas.